50 nuances... de pas grand chose

Le 23/03/2014 à 18h00 - Par Malou


50 nuances de grey, le best-seller censé booster votre libido.

Actuellement les murs du métro parisien se couvrent d’affiches annonçant en grandes pompes la sortie imminente, du grand succès de E. L. James, en poche.


Cette trilogie aux accents sulfureux a défrayé la chronique lors de sa parution. Du porn chic accessible à tous et, de toute évidence, extrêmement addictif.
Le pitch était bon. L’engouement tentant. Et comme je n’aime pas être en rade dans les dîners mondains (virtuels) auxquels j’assiste, je me suis laissée aller à ouvrir le premier tome. Prête à m’encanailler…


Cruelle, déception.

En dehors du fait que c’est mal écrit (ou mal traduit, laissons le bénéfice du doute à l’auteur, mais bon, à ce niveau-là, je ne pense pas que l’on puisse incriminer une seule personne) l’histoire m’a laissée de marbre (non en vrai elle m’a profondément énervée mais j’y reviendrai plus tard). C’est plat. C’est redondant.

J’ai dû rater le moment où j’allais tomber sous le charme des héros car ce n’est jamais arrivé. Trop manichéens, des caricatures à l’état pur. De l’adolescente pataude, vierge effarouchée, au grand PDG si sûr de lui, mais en vrai oh tellement fragile, en passant par les personnages secondaires aussi plats qu’insignifiants, j’ai eu l’impression d’assister à un déballage de clichés.


Niveau érotisme, que dire… j’ai réussi à feuilleter les pages dans les transports en communs et en dehors des regards quelques peu goguenards des autres passagers, je n’ai pas ressenti l’once d’une chaleur prête à embraser mon corps. Là aussi je trouve que très rapidement ça tombe dans le too much. Et après, peut-être est-ce mon côté « old school » le plaisir non partagé, ce n’est pas ma tasse de thé. Parce que pour moi c’est là, principalement, que le bât blesse (attention risque de spoiler dans ce qui va suivre, pour ceux qui ne l’auraient pas lu), sur le propos qui est défendu dans le livre.
Eclaircissons d’abord un point, non je n’ai rien contre le sado-masochisme tant que les deux parties sont consentantes, chacun fait ce qu’il veut de sa vie, de ses fesses, de ses menottes. Mais contrairement à ce que prétend la 4ème de couv’, la douce Ana ne va pas « découvrir le plaisir » mais plutôt se laisser imposer le désir de celui qui la convoite.
A plusieurs moments dans le livre, elle exprime tout de même très clairement que « non elle ne veut pas » que « oui tout cela la dérange » mais cela est très vite suivi d’un discours très clair : Christian Grey est riche, il est beau, il a toutes les femmes qu’il veut. Elle est jeune, insipide, sans expérience, alors honnêtement elle a déjà tellement de chance qu’il s’intéresse à elle qu’elle ne va pas en plus oser faire sa mijaurée. Puis, le pauvre, ce n’est pas de sa faute s'il y a tellement de démons qui peuplent sa tête ! Elle pourrait faire preuve de compassion quand même au lieu de rechigner. D’ailleurs à la fin du Tome 1 il pleure tellement il l’aime. Comment peut-on laisser les larmes couler sur de si parfaites joues, juste par pur égoïsme ? Bref, ferme ta bouche, subis et souris puisqu'on te dit que c'est de l'amour, cornebleue! 


Je crois qu’au final c’est cette partie-là qui m’a le plus dérangée. Ou plutôt le fait que des centaines de milliers de lectrices aient fondu sous le charme de ce type, qui ne respecte pas un seul instant sa partenaire (Non aimer quelqu’un n’implique pas qu’on le respecte). Qu’on porte aux nues ce récit, qu’on le taxe de romance, alors que pour moi ce n’est qu’un pamphlet machiste et malsain sur la place prépondérante de l’homme dans l’accès au plaisir.


Peut-être que je mets derrière cette histoire, bien plus que l’auteur elle-même. Peut-être qu’il aurait juste fallu que je le lise pour ce qu’il est. Un roman érotique sulfureux. Mais pour cela il aurait fallu que j’y retrouve au moins ces deux ingrédients. Pour moi, cette copie revisitée de Twillight version humains chauds bouillants m’a encore moins embarquée que ses ancêtres vampires. La preuve en est, j’ai lu les 4 de Stéphanie Meyer, même si j’ai trouvé ça plus que moyen, alors que j'ai lutté pour finir le Tome 1 de la folle épopée de Monsieur Grey et de Mademoiselle Steele, et même pas envisagé de pousser plus loin.

Bref… une critique sans nuance pour un livre qui, à mes yeux, n’en possède aucune.


E.L. James Fifty Shades Trilogie

Réactions

Maialen - 26/03/2014 à 12h36

Je n'étais déjà pas convaincue par l'origine du bouquin. C'est une fanfiction Twilight quand même... L'engouement général m'avait fait penser que peut-être il n'était pas si mal. Visiblement j'ai bien fait de ne pas lui donner des heures de mon temps vu les retours que j'ai de la part des gens que je connais.
Cette critique sans nuance me conforte dans mon idée, je n'aurai pas l'air ridicule de ne pas l'avoir lu lors de mon prochain dîner (virtuel) mondain !

Mouton - 31/03/2014 à 10h31

Pour avoir lu quelques extraits j'ai du mal à comprendre l'engouement pour un tel livre soit disant du "porno chic". C'était tout au plus au niveau de films X de canal + mais on est loin très loin même d'un porno chic


L'idée de base était pourtant intéressante mais pourquoi ils sont partis dans le trash vulgaire (surtout le premier livre) en délaissant totalement l'aspect histoire. Au mieux l'histoire sert juste de prétexte à du porno sans intérêt et mal écrit.


Bref un livre à oublier qui servira très bien pour un feu de cheminé !

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