Graver dans l'écorce empêche les arbres de respirer

Le 04/01/2009 à 22h12 - Par Malou

La musique qui était censé le tenir éveillé le berce plus qu'autre chose. Ses paupières luttent en vain pour rester ouvertes.


Arrêt temporaire. Lumière tamisée de la station service. Murmures et voix calfeutrées. Etrange îlot de vies presque irréelles.

Le café est brûlant alors pourquoi son corps trésaille ?
Dehors la nuit s'est épaissie. Pourquoi devient elle plus profonde juste avant l'aube ? Pour mieux marquer le décalage? Peut être.


Ses pensées s'entrechoquent. Questions absurdes pour ne pas se poser les bonnes. A commencer par celle-ci! Pourquoi reviens tu Alexandre ? Crois tu vraiment au retour de l'enfant prodigue ?

Dans l'enchevêtrement des magasines il croise son regard. Miroir en papier glacé. Le titre l'interpelle. « Acteur comblé, sa vie s'écroule ... »


S'écroule... Le verbe est tellement surfait.

Les regards se font insistants. La couverture du journal a scandales s'offre aux yeux de tous. Hésitation en face à le reconnaître. Est il bien lui ?


Si seulement quelqu'un pouvait lui donner cette réponse. Juste celle là, et au diable toutes les autres.

 

Il fuit. Vers sa voiture et hésite sur la direction de l'autoroute à prendre. 8 heures qu'il roule et soudain il ne songe plus qu'à faire demi-tour. Tout cela est absurde. Son regard ne se détache plus du bout de papier qui s'étale sur le tableau de bord. La voix de Jenny résonne dans sa tête. Mélange les deux courriers. La suplication. La sentence. Pourtant il enclenche la première et continue sa route.

« Gaby est malade Alexandre... Un putain de cancer... Il n'y a rien à faire mais j'ai besoin de toi... Si nous trois symbolise encore quelque chose... » 

 

Les kilomètres défilent. Les mots s'accrochent.

 

Il a pilé.
Sur une route sans éclairage, en plein virage ce n'est pas l'idéal. Mais de là où il est il peut voir le panneau d'entrée du village. Et tout vient de lui sauter au visage. Les images, les sons, la résonance des rires, des airs de musique. Sa vie.

Les larmes se mèlent à l'équation. Brouille sa vision. Mais pas assez pour que l'écriture ne lui renvoie  la vérité au visage

 

1 million d'entrées pour ton film
100 personnes à l'enterrement.
Félicitation tu gagnes haut la main.


Il n'arrivera jamais lui expliquer.

 


Commentaires

promesse - 04/01/2009 à 22h21

waouh, nous aussi on se prend la chute en plein dans la tête...
comme quoi, il ne faut pas trop hésiter, on finit par perdre... toujours.
joli OS que je trouve quand même un peu violent, être confronté comme ca a ses erreurs, se faire renvoyer ses propres choix a la face... je le plains. ca doit faire mal.
je me demande comment tu fais pour rendre tes mots vivants... dans cet OS, les mots sont durs et violents, tout a fait dans le ton...
bravo!!

promesse - 04/01/2009 à 22h24

autant pour moi, je rectifie  donc une partie de ce que je viens de dire. En tant que Kinder, je n'avais pas vu qu'on était dans la rubrique "récit" et que par conséquent ce texte n'est pas un OS, je maintiens tout de même mes sentiments a propos de ce début et suis d'autant plus contente qu'il y aura donc une suite!!! :)
mais bravo quand même

Maialen - 05/01/2009 à 17h10

Un nouvel écrit, un nouveau plaisir.

Des sentiments/ressentis qui nous frappent de plein fouet et une tonne de question qui vient danser dans notre cerveau.
Mais comment fais-tu ça ? Et surtout, à quand la suite ?

lealoeu - 10/01/2009 à 13h38

ça y est... je m'y plonge enfin dans ce récit qui me fait de l'oeil depuis un petit moment... première page, et déjà j'ai envie de réagir. sans encore avoir lu la suite, parce que ça nous frappe de plein fouet, au visage dans le ventre, tout au fond du ventre. Ca secoue salement, ça noue la gorge, ça touche. Ca donne envie de continuer et de tout stoper aussi. Une envie paradoxale d'aller au bout, mais un besoin visceral de se laisser le temps de tout digérer, de tout assimiler, apprécier et ressentir...
Je crois que je vais quand même lire la suite tout de suite, mais j'y reviendrai sûrement plus tard, histoire de saisir la portée des mots une fois l'émotion passée.
merci en tout cas Malou. ca promet d'être sublime.

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