Dites moi tout

Le 11/12/2011 à 20h36 - Par lolia

Ne pas chercher vraiment un début et une fin.

« Dis-moi tout. »

C’est comme ça qu’elle a commencé à contribuer à notre descente aux enfers.

On ne peut pas tout dire à la personne qu’on aime. Non, il ne faut pas…Surtout pas.

 

Si l’on pouvait commencer sa vie à l’envers, par la mort,  tout serait tellement plus simple, on aurait peur de rien, et comme le dirait Benjamin Button, on finirait par un bel orgasme.

 

Je ne suis pas quelqu’un de bien.

Je suis un homme, juste un homme.


Toute ma vie j’ai essayé, j’ai œuvré, je me suis épuisé à faire ce que l’on attendait de moi. Et aujourd’hui quand je regarde ma vie je ne vois qu’un grand vide.

Qu’un homme seul.

 

Je m’appelle Christophe B., je suis né dans une grande ville, une capitale. Autant dire que dès le début la couleur a été affichée : un bébé parmi tant d’autres au milieu d’une maternité.

Rien d’unique. Rien… d’exceptionnel.

En grandissant rien n’a changé, j’étais toujours le petit garçon passe partout, celui qui a des notes moyennes, des petites lunettes rondes et qui joue un peu aux ballons avec ses copains (parce c’est ce que font les garçons : ils jouent au ballon. Pfft !).

A la maison, je m’enfermais des heures dans ma chambre pour m’immerger dans mon monde imaginaire. Au moins, là, j’étais tranquille.

Au collège j’étais ce garçon timide qui n’ose pas approcher les filles alors que ça commence à bien le travailler. Oui, elles étaient jolie les filles aux collèges, mais qu’est-ce qu’elles faisaient peur. Entre femme et enfant, elles étaient déjà dangereuses.

Toujours dans ma chambre, mon refuge, je m’imaginais différent, fort, unique, à la tête d’un régiment d’amis. Et puis en prenant un peu de bouteille j’ai compris qu’on ne vit pas que dans sa tête et que tous mes jeux n’étaient que le reflet de mes rêves.

Alors je pleurais. Seul.

Par terre, contre ma porte, la musique bien forte pour ne pas éveiller la curiosité de mes parents.

Je pleurais.

 

 

Je ne sais pas trop quand ça a commencé. Ce vide.

Un vide ni froid ni chaud. Un vide inhérent, inconstant qui s’amusait à capter mon esprit chaque fois que je cherchais à m’évader. Un vide dont je ne voyais pas le bout, dont je ne savais comment me défaire. Une espèce de palliatif à la réalité. Un vide qui me possédait… Et me possède encore.

 

C’est au lycée que j’ai embrassé une fille pour la première fois. Elle s’appelait Mélanie, elle avait des jolies boucles blondes et elle sentait la fraise. Je me souviens des sueurs qui perlaient sur mon front juste avant l’acte fatidique. « Vais-je y arriver ? Et si je ne suis pas bon, si elle se moque de moi ? »

Mélanie. Mon premier amour. Elle n’était pas spécialement jolie, ses traits étaient un peu grossiers, mais j’aimais sa douceur, sa fraîcheur : j’étais amoureux.

Trois ans j’ai tenu la main de Mélanie dans la cour, trois ans que nous avons passé à nous balader dans le parc en promenant son chien « Eclair », trois ans à attendre… Et puis un jour Mélanie s’est offerte à moi.

Notre première fois. Nous étions maladroits, mes mains qui passaient maladroitement sur son corps la faisait rire, elle riait d’un rire frénétique, j’ai pris ça pour de la moquerie mais aujourd’hui je crois bien que c’était de la peur.

Oui de la peur.

 

On n’oublie pas sa première fois, ni la fille avec qui on le fait. J’avais rêvé ce moment magique sensuel, romantique, enivrant, j’ai été désolé que ça la fasse rire.

Finalement ce n’était pas si mal. Je dirai même que j’ai sacrément pris mon pied.

Mélanie et moi, ça n’a pas marché, elle m’a quitté quelques moi plus tard, prétextant avoir besoin de temps pour elle.

Je ne sais pas ce qu’elle est devenue. Parfois encore je me surprends à penser à elle, à cette première nuit. Je n’oublierai jamais Mélanie.

 

Mélanie a été la première d’une longue série. Oui, car une fois que la machine est en marche, qu’on a compris comment plaire aux filles, les choses se font toutes seules.

Quand on aime les femmes ce n’est pas difficile de se faire aimer d’elles.

C’est ce que j’ai compris avec le temps, les femmes aiment qu’on les aime, qu’on les respecte, qu’on prenne soin d’elle.

 

Et qu’on les baise bien, et je suis un bon baiseur.

 

Toutes. Aucunes ne dérogent à la règle.

Sophie, Nathalie, Eléa, Clara, Sandy, Estelle… Toutes. Je les ai toutes conquises… Et elles m’ont toutes donné.

Mais en moi résistait… Le vide.

 

Comment expliquer au gens qu’on ne veut rien faire de sa vie. Juste la voir se dérouler devant ses yeux, sentir le vide, le silence qui sature son être.

Comment, lorsqu’ils ont tous un but, on peut leur faire comprendre qu’on n’en a pas.

Et oui, je suis cet homme ordinaire qui n’a pas de but.

 

J’ai fait des études. De brillantes études de marketing qui m’ont mené tout droit à un poste à responsabilité dans une grande enseigne de nouvelles technologies.

Mais au fond de moi est né un être différent. J’ai commencé à nourrir mon vide d’un désir que je ne me connaissais pas. Ecrire. Poser mes mots, mes pensées, mon vide, ma page blanche sur du papier.

 

C’est drôle, je ne pense pas être ce que l’on peut appeler un littéraire. Je n’aime pas lire, je ne cherche pas à comprendre les messages qui sont diffus dans les mots, je ne suis rien de tout ça. Même mon vocabulaire est maigre.

Mais voilà, j’aime écrire. Ecrire du néant, l’accompagner de quelques broutilles pour qu’il ne soit pas seulement là, seul à se consumer sous des yeux qui cherchent à comprendre.

 

Noa.

Vous avez déjà rencontré un être plein ?

Je veux dire qui a Vraiment des choses à dire, Vraiment une réalité, un Vrai but dans la vie.

Je ne parle pas de ces gens qui vous sortent des réflexions pseudo-intellectuel sur la vie, je ne vous parle pas de ces moitiés d’artistes qui se sentent vivant en déballant leur gerbe verbale, ni de ces être marginaux qui pense que sortir du sentier battus nous évite la purge des moutons de panurge… Non je parle d’un VRAI être vivant. 


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