[Glee] One fight at a time

Le 18/02/2015 à 14h49 - Par Maialen

Un texte retrouvé dans un de mes tiroirs. Une participation à un concours : "Se mettre dans la peau d’un personnage et décrire une rencontre avec un autre personnage." L'histoire prend place en début de Saison 1, à l’automne.

Boire ou conduire... Encore un détail qui est passé à la trappe lors de mon éducation. Dommage que le tas de tôle de mon cher paternel s’en soit mieux sortit que moi. Ça aurait été bien qu’il voit les fruits de son enseignement au lieu de repartir tranquillement chez lui. Au moins, j’ai encore mon portefeuille.

“Prend une autre bière Noah, je ne dirais rien à ta mère”

Ça c’est certain, il ne risquait pas de lui dire quoi que ce soit étant donné qu’elle n’était pas au courant de ses venues à Lima. Ni du fait qu’il arrivait saoul puis repartait quand je l’étais à mon tour. Et comme j’ai crashé la voiture au fin fond de l’Ohio en présence d’un de mes géniteurs, elle ne risque pas d’être prévenue par l’hôpital. Au moins, je ne suis pas trop amoché. Pas comme le gars qui se trouve sur le lit voisin. On ne risque pas de le louper dans cette ambiance morbide. Rouge sur blanc. Par contre, pas sûr que quelqu’un arrive à l’identifier tellement son visage est recouvert de plaies. J’espère qu’il ne va pas claquer là, la sécurité serait capable de m’accuser de meurtre. Un Puckerman au milieu de blouses blanches, je suis le meilleur suspect... Quelle poisse ! Ils vont me faire attendre encore longtemps ? J’ai eu beau affirmer à l’infirmière que je n’avais rien, elle a refusé de me laisser partir tant que je n’avais pas vu un médecin... Si seulement, on avait de la musique pour patienter... Un petit Nirvana serait d’actualité...

 

[The man who sold the world – Nirvana]

We passed upon the stair

We spoke of was and when

Although I wasn't there

He said I was his friend

Which came as a surprise

I spoke into his eyes

I thought you died alone

A long long time ago

 

Oh no, not me

We never lost control

You're face to face

With the man who sold the world

 

- Mpfhfme

- Hein ?

 

Oh, je déraille... Il n’y a que moi et le futur cadavre dans cette pièce !

 

I laughed and shook his hand

And made my way back home

I searched for form and land

For years and years I roamed

I gazed a gazeless stare

We walked a million hills

I must have died alone

 

- Lafff... Fermphf...

 

Merde ! C’est sûr, il est en train de faire une attaque et ça va être ma faute...

- Hey mec, garde tes forces, les docs ne vont pas arriver tout de suite.

- Aimerais bien.

- Quoi ? Tu veux quoi ?

- Dormir.

- T’es sûr que tu vas pas clamser si tu t’endors ?

- J’dormais.

- Si tu le dis.

- M’as réveillé.

- Ouais... Ou je t’ai empêché de plonger dans le coma. T’y penseras avant ta déposition aux flics ?

 

Visiblement ça le fait marrer. Vu les bruits qu’il fait, à sa place, j’éviterai de rire si je veux rester en vie. A moins qu’il ne soit en train de s’étouffer... Difficile de savoir !

- Veux pas voir police.

 

On est deux mon gars. Mais moi, j’ai un taux d’alcoolémie qui me donne une bonne raison.

- Pourquoi t’es là toi ?

 

C’est sorti tout seul. Satanée curiosité. Qu’est-ce que j’en ai à foutre qu’un inconnu soit recouvert de sang ?

- Me suis pris une porte.

 

A d’autres...

- T’avais du sacrément l’énerver cette porte pour qu’elle te mette dans cet état...

- L’est rancunière.

- Et si tu me disais la vérité ?

- Tu le ferais toi ?

 

Il a pas tord. Aucune chance que je raconte ma vie à un parfait inconnu. Je le fais déjà pas avec mes vrais potes.

- Musicien ?

- Comment tu as deviné ?

- Tu fredonnes sans cesse et tu joues d’un instrument invisible. Guitare ?

- T’es vachement observateur pour un mec qui a les yeux aussi gonflés que des balles de baseball.

- J’m’occupe, tu m’empêches de dormir.

- Ça te fait pas mal de parler ?

- Si mais ça m’évite de réfléchir. Pourquoi t’es là ?

 

Je soupire. Il est têtu. Mais en même temps, il n’y a rien d’autre à faire. Puis on est suffisamment loin de Lima pour que je ne le croise pas au café du coin demain... Enfin, ça, c’est s’il sort un jour de là ! Il a beau sembler super friqué avec son costume sur mesure, il y a des blessures que l’argent ne soigne pas.

- Accident de voiture. Et toi ?

- Te l’ai dit... Une porte.

- J’ai pas frappé ma tête assez fort sur le volant pour te croire.

- C’est la vérité. Ma tête a rencontré une porte a plusieurs reprises. Largement aidée par 4 gars.

- Merde. Tu leur avais fait quoi ?

- Ma tête ne leur revenait pas.

- Très drôle.

- Pourquoi ça s’rait ma faute ?

- On se fait pas tabasser sans raison. Pourquoi t’es le seul à l’hôpital ?

- La porte n’a pas survécu.

- Tu ne t’es pas défendu...

 

C’était une évidence. Il était bien amoché mais n’avait aucune blessure de défense.

- Hors de question que j’abîme mes mains pour eux.

 

Il en a pris un coup dans son amour propre vu les larmes qui dévalent ses joues. Ça me permet de réaliser que mon voisin de galère est aussi pâle que Blanche Neige et qu’il a les cheveux aussi noirs.

Je l’entends renifler deux ou trois fois avant qu’il ne se crispe face à ma non-réaction puis tente de se justifier.

- Je suis pianiste. Mes mains, c’est ma musique. Ma musique, c’est ma vie.

- Vie que tu as failli perdre pour préserver tes mains. Dis moi à quoi ça t’aurait servit d’avoir les mains douces dans ton cercueil ?

 

Un peu trop violent peut-être. Mais il faut bien que quelqu’un lui dise que, parfois, survivre est plus important que de se faire plaisir. La musique, c’est cool. Mais pour rien au monde je laisserais quelqu’un défoncer ma belle gueule. Ça aussi, il a du le lire sur mon visage.

- Je parie que tu es le caïd de ton lycée. T’es du côté de ceux qui font la loi, pas de ceux qui la subissent.

 

Bien joué Einstein. C’est quoi qui t’a mis sur la voie ? Ma crête ou mon blouson en cuir ?

- Je me contente de les balancer aux ordures ou de leur jeter des slushies à la figure.

- Pourquoi ? Qu’est-ce que ça t’apporte ?

- Si je le fais pas, c’est moi qui me retrouve la tête la première dans la poubelle lundi matin, recouvert de slushie. Et ça, ce n’est pas prêt d’arriver. Crois-moi !

 

Pour ça que c’est pas demain la veille que je rejoindrais leur Glee Club ! Manquerait plus que ça. C’est le rendez-vous des exclus. Je me demande ce qui a pris à Finn. On a beau être dans l’équipe de Foot, ils ne nous rateront pas. Je préférerais largement monter un groupe de rock dans son garage...

- Frapper avant d’être frappé. Je m’en souviendrai.

- Ils sont lâches.

- Qui ça ?

- Les gars qui t’ont fait ça. 4 contre 1, c’est de la lâcheté. Si t’as un soucis, tu le règles en face à face. Ça fait partie des règles, mec ! Seulement deux hommes par combat.

- Même à 1 contre 1 je n’avais aucune chance... Je ne me suis jamais battu. Et puis tu dis ça mais je suis certain qu’à leur place, tu ne serais pas resté inactif...

 

Il continue de pleurer silencieusement mais son ton a changé. Il semble avoir peur de ma réaction. Il a raison après tout, je suis en position de force, bien que toujours bourré. Cependant, je ne frappe pas un homme à terre et lui, il est déjà à moitié enterré. Autre chose me chiffonne, une pointe de défi. Un peu comme le dernier effort du boxer avant le K.O.

Et là, je comprend comment un gars se fait coincer seul dans un coin et fini à l’hosto. Ce n’est pas ce qu’il a fait, c’est ce qu’il est.

- Parce que t’es gay  

- Parce que je suis venu à un fichu bal de lycée avec mon meilleur ami.

 

S’il n’assume pas, ça ne doit pas lui rendre la vie facile. Un peu comme Lady Hummel... Effectivement, j’aurais peut-être participé. Qu’est-ce que je peux lui répondre ?

Le silence s’installe et, comme à mon habitude, je recommence à fredonner.

 

[Fight - The Cure]

Sometimes there's nothing to feel

Sometimes there's nothing to hold

Sometimes there's no time to run away

Sometimes you just feel so old

The times it hurts when you cry

The times it hurts just to breathe

And then it all seems like there's no-one left

And all you want is to sleep

 

Fight fight fight

Just push it away

Fight fight fight

Just push until it breaks

Fight fight fight

Don't cry at the pain

Fight fight fight

Or watch yourself burn again

Fight fight fight

Don't howl like a dog

Fight fight

Just fill up the sky

Fight fight fight

Fight til you drop

Fight fight fight

And never never

Never stop

 

Se battre pour survivre, c’est ce que les gars comme lui et moi avons de mieux à faire.

- Mon père est un looser.

 

Mais pourquoi j’ai dis ça ? Ça doit être l’oxygène pur qu’ils balancent par les bouches d’aération. Ça me fait planer...

- Quoi ?

- C’est à cause de lui que je suis là. Régulièrement, il vient me voir. Il apporte un pack de bière qu’on partage alors qu’il en a déjà bu un à lui tout seul à l’aller. Il me parle de ses supers projets qui finissent tous par foirer. Et on picole. Parfois on fume aussi. Puis on va faire un tour parce que... Ma ville... Lui rappelle de mauvais souvenirs... Si tu veux mon avis, c’est moi qui les lui rappelle mais il est trop bourré pour le réaliser.

- Pourquoi tu me racontes ça ?

 

Bonne question... C’est comme quand je pose un pied dans la salle du Glee Club, je fini toujours par me demander ce que je fous là et par faire demi-tour.

- Parce que t’es pas le seul à te sentir comme une merde. Après ses visites, il disparaît pendant des mois. Et, à chaque fois qu’il revient, je me dis qu’il a changé. Qu’il n’est plus le looser que j’ai connu. Qu’il a enfin trouvé un boulot. Mais tu sais quoi ?

- Non ?

- Ca fini toujours pareil. Il se tire après m’avoir soutiré le peu d’argent que j’ai gagné...

- Gagné ?

- Ouais bon... “Gagné” C’est pas le mot... Qu’on m’a donné ?

- On appelle ça du racket.

- Chez moi, on appelle ça survivre. Tout le monde n’a pas les moyens de se payer un costard de luxe.

- Tu n’es pas obligé de devenir un looser comme ton père.

- Bien sûr que si. Tout le monde attend de moi que je suive ses pas. C’est écrit dans mon patrimoine génétique. Autant leur donner ce qu’ils attendent...

 

Et j’excelle dans ce domaine. Un vrai acteur de ma propre vie. Au diable les envies de diplôme, de carrière dans le cinéma ou autre rêve inaccessible. Je serais le plus grand looser de Lima, Ohio. Mais je le ferais avec classe, pas comme mon lâche de paternel. On se souviendra de Noah Puckerman pendant un bout de temps !

- Tu veux un conseil ?

- Non.

- Tu devrais prendre des cours de boxe. Ce ne sera pas les derniers abrutis dans mon genre à te tomber dessus.

- Où est-ce que tu as appris à te battre ?

- Je n’ai pas le droit de te le dire.

- Alors rend-moi un service.

- Tu veux que je fasse un détour par chez toi pour leur apprendre comment ça se passe quand on emmerde quelqu’un à Lima ?

 

Et merde... C’est sûr, je vais le revoir maintenant. Il va croire qu’on est potes.

- Non. Juste, si on se croise un jour, ne me balance pas dans une poubelle. Je sais déjà que je suis un déchet. Ignore-moi plutôt.

- Il faudrait d’abord que je te reconnaisse. T’es plutôt doué en camouflage.

 

Et voilà les blouses blanches qui débarquent. Pour une fois, au bon moment. Deux minutes de plus et on se mettait à chialer comme des gonzesses.

- Bien monsieur Anderson. Nous avons vos résultats. Il n’y a pas besoin d’examen supplémentaire. Nous allons vous monter dans une chambre pour la suite des soins. Je ne vous cache pas que ça ne sera pas une partie de plaisir.

 

Sous-entendu “Je ne compte faire aucun effort pour une tapette dans ton genre”. Moi, à la limite, j’ai une réputation à défendre mais ce gars, il a tout pour lui. Ça lui apporte quoi de rabaisser les gens ?

- Hey doc ! Essayez de ne pas l’amocher plus. On s’est suffisamment occupé de lui pour ce soir. Il a compris.

- Qu’est-ce que vous faites encore là monsieur Puckerman ?

- L’infirmière a jugé bon de vous laisser le soin de remplir ma feuille de sortie.

 

Et le voilà qui part en râlant. Les gars comme lui sont si faciles à manipuler... Maintenant qu’il en a après l’infirmière, mon pote de galère devrait être tranquille.

- Tu n’étais pas obligé.

- Je n’ai rien fait d’autre que l’emmerder. C’est ce que je suis, un emmerdeur.

- Si tu le dis.

- La prochaine fois qu’on se croise, tu ferais mieux d’être sur pied.

- Je n’ai aucune raison d’aller à Lima

- Ni moi de revenir ici. Mais j’ai déjà remarqué que je finissais souvent là où je ne voulais pas aller. Puis je pourrais te donner quelques trucs pour éviter que tu ne ressembles à Elephant Man chaque semaine. Tu sais, rendre les coups...

 

Il est temps de décamper. Je commence vraiment à délirer à force de rester enfermé. Pourquoi je lui ai proposé ça ? J’espère qu’il va refuser.

- Merci mais je vais passer mon tour. Je préfère qu’on se croise à un concert.

- C’est vraiment ton truc la musique !

- Je te l’ai dis. C’est ma vie...

 

Le meilleur moyen d’être soi-même et de s’exprimer. Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour avoir ma guitare là tout de suite... Faire un lead debout sur ce putain de lit d’hôpital en regardant tout le monde de haut. Leur dire “Oui, j’aime la musique mais ça ne fait pas de moi une lopette” et me foutre des conséquences.

Faire partie du Glee Club et rester la terreur de McKinley... Pas de doute, tu délires Puckerman.


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